Vous-est-il arrivé après une rupture de ne pas vous sentir très fière ?
Par Maryanne le 6 oct. 2011 - 12:15

Bonjour à toutes,
Aujourd’hui je voudrais partager avec vous la triste expérience d’une rupture désagréable à assumer, plus exactement « l’avortement dans l’œuf » d’une rencontre.
Avez-vous eu ce sentiment de culpabilité après une rupture ?
J’ai été contactée sur un site de rencontres très connu, par un homme retraité, d’après la photo ni laid ni beau, mais pas tout à fait mon type d’homme, châtain, 1m80, mince portant bien la barbiche, aux environs de mon âge et de plus, résidant dans ma ville.
Nous avons rendez-vous dans un café, et nous discutons devant un verre l’entrevue est courtoise, je me présente succinctement et lui raconte sans trop de détail ce que j’estime essentiel pour lui à savoir sur moi. Mais je ne me sens pas à l’aise, il y a un je ne sais quoi de fuyant en lui qui me gêne et me freine, c’est indéfinissable.
Il y a maintenant plus d’une heure que nous parlons, il me raconte la terrible maladie de son épouse décédée trois mois plus tôt, sa nouvelle vie avec sa fille, ce que j’ai du mal comprendre ses relations conflictuelles avec sa belle-famille, sa carrière, il me décrit sa maison sa piscine son havre de paix bien situé avec une vue imprenable sur la ville, je parle peu, j’écoute sans l’interrompre, visiblement je lui plais, il me le fait comprendre à demi mots, moi, à ce stade de la conversation je n’éprouve toujours rien pour lui, je ne partage pas son émotion, je suis sans réaction, un peu noyée après tout ce que je viens d’entendre, je suis perplexe. L’entrevue se termine après 90 minutes il a un rendez-vous, moi je suis soulagée de le voir partir, sur l’instant je me dis que je ne dois pas m’en tenir à un seul rendez-vous et naturellement j’accepte de le revoir mais bien plus tard sans fixer de date…il me faut digérer et repenser à toutes ces confidences tranquillement…en attendant de se revoir, il promet de m’appeler.
Après Quatre jours de silence, R…. m’appelle en évoquant un second rendez-vous en m’avoue qu’il ne m’a pas tout dit, et qu’il a une importante révélation à me faire … une impulsion inexpliquée me pousse à en savoir plus, j’insiste tout en plaisantant je lui dis : c’est si grave que ça ? Il me répond j’aurais dû le faire à notre RDV, La nouvelle tombe comme un couperet : je viens d’être opéré d’un cancer au rectum : ablation et pose d'une stomie qui devait durer encore quelques temps, qu’il restait confiant dans sa guérison et dans quelques mois tout devrait reprendre sa place.…
Gros blanc….silence … J’en reste sans voix, et surtout pétrifiée, retrouvant peu à peu mes esprits, je lui fais part de ma peine et le réconforte comme je peux…je n’ai pas envie de prolonger la communication et je raccroche mon tel sans avoir fixé le prochain RDV. Je suis accablée par la nouvelle que je m’empresse de raconter à ma meilleure amie…
Ma première idée c’est de lui écrire dans la foulée , mais comment couper le contact dans ces conditions je suis dans un état second , je ne désire pas aller plus loin, je rejette tout en bloc, et surtout je me refuse toutes relations avec cette personne dans telles conditions… entendez par là, que je ne veux pas être confronter à sa maladie, c’est terrible pour moi , je réalise et j’en saisi toute la monstruosité. En essayant de trouver les mots qui convient dans ces cas là, ne pas choquer sa susceptibilité ni lui infliger encore plus de tourments qu’il n’en a déjà, je commence me lettre en m’excusant de ma lâcheté…et tant bien que mal j’essaie de m’expliquer…
Mais avant de lui adresser ma missive, je la soumets à mon amie, dont le mari est décédé de la même maladie qui en connaissance de cause, me conseille de stopper net la rencontre et me reprochant de m’être m’excusée et de vouloir tout prendre sur me épaules , qu’il vaut mieux que je déchire ma lettre et que l’appelle pour lui expliquer de vive voix cette fois, sans m’accuser et me sentir coupable de quoique ce soit, que dans le cadre d’un rencontre il ne peut me demander de partager ses épreuves de santé, évidemment il en aurait été autrement si nous avions été mariés ou en couple, mais dans le cas de figure qui nous préoccupe, hors de question pour moi de m’engager sur ce terrain.
C’est ce que j’ai fais ; pas sans mal croyez-moi, plein d’espoir sur son avenir, persuadé de sa guérison prochaine, ce que je lui ai vivement souhaité à ce moment là, il a essayé de me convaincre par tous les moyens à sa disposition et moi plus il parlait et plus je me sentais horriblement égoïste, mais résolue à ne pas céder, froide, sans cœur , je m’entendais même parler comme s’il s’agissait d’ une autre personne, j’ai raccroché en pleurs et je n’ai jamais plus eu de ses nouvelles ni rencontré au hasard des rues d’A….. Encore aujourd’hui j’y pense…
Je ne me suis jamais sentie aussi minable dans » une fin de non recevoir » que ce jour là….
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J'ai eu les larmes aux yeux
Par Bretonnerealiste le 6 oct. 2011 - 12:24.
en lisant ton histoire.
Je comprends que tu te sentes mal mais tu n'es pas minable.
Tu ne connaissais pas cet homme, tu as vu les choses comme elles sont : devoir peut être assister un homme dans sa maladie alors que tu rêves d'une toute autre relation.
Tu n'es pas froide, ni sans coeur. On ne peut pas soutenir des personnes inconnues (car finalement c'est ce qui'l est)
Et, abstraction faite de sa maladie, cet homme ne t'attirait pas.
Relatives tout celà
Bon courage
Mais attend, je ne comprend
Par Apolline le 6 oct. 2011 - 12:50.
Mais attend, je ne comprend même pas que tu puisses culpabiliser, cet homme t'as raconté sa vie de misère dès le premier rdv pour en rajouter une couche au téléphone...!
Il t'as pris pour sa psy, oui, et quand on a un peu de décence dans le cadre d'une rencontre amoureuse on n'agit pas comme cela, en mettant l'autre dans une situation si embarrassante !
On les garde pour soi ces choses là tout de même...
d'accord avec toi Appolline
Par Maryanne le 6 oct. 2011 - 13:31.
mais à ce moment là ça été la panique totale pour moi... je n'osais imaginer la suite...je me suis sentie piègée
je lui pardonne mais je regrette qu'il n'est pas eu la patiente d'attendre la fin de sa guérison pour s'inscrire sur un site de rencontres.
D'un autre côté, je peux comprendre que veuf depuis 3 mois et de surcroît atteint pas la maladie il ait voulu sa part de bonheur, mais c'est trop demander....
Quand j'y pense j'ai froid dans le dos.
Quand j'y pense ça me fait
Par Apolline le 6 oct. 2011 - 13:39.
Eh bien quand j'y pense ça me fait penser à une sorte de manipulation, c'est pour ça que tu as été aussi mal à l'aise.
Il se trompe dans sa démarche,
Par b.bla le 6 oct. 2011 - 13:56.
il est bien trop tôt pour qu'il soit à même de vraiment rencontrer quelqu'un, ne serait-ce que par son veuvage tout récent. Et d'autant plus avec cette maladie bien cruelle.
Il a voulu être honnête, et franchement, je trouve que c'est une bonne chose.
Aurait-il été correct qu'il s'engage dans une relation avec toi et t'annonce au bout de quelques semaines qu'il avait un cancer déclaré avant votre rencontre ? Non, il t'a laissé voir toutes les cartes de son jeu, les bonnes et les mauvaises et donc, t'a laissé choisir en connaissance de cause. Je trouve ça bien de sa part.
En revanche, il n'a pas à t'en vouloir et toi, tu n'as pas à culpabiliser. Tu as agi de façon à te protéger et je trouve cela sain et équilibré.
Je ne suis pas d'accord, on
Par Apolline le 6 oct. 2011 - 14:01.
Je ne suis pas d'accord, on ne raconte pas sa vie comme ça à un premier rdv amoureux, quel intérêt si ce n'est faire pleurer dans les chaumières ou faire fuir l'autre à grandes jambes ?
Je suis d'accord avec toi
Par b.bla le 6 oct. 2011 - 14:18.
Appolline. Je pense, en effet, qu'il fait erreur. Mais je ne pense pas qu'il soit manipulateur pour autant. Simplement très fragile, très auto-centré parce qu'en souffrance, et se trompant de chemin pour se reconstruire.
Maryanne a réagi de façon totalement logique et saine, elle. En revanche, je m'inquiète pour lui, il risque fort de tomber sur des femmes moins humaines et donc de souffrir encore plus. Mais bon, on ne peut rien y faire, ni toi, ni moi, ni surtout Maryanne.
C'est vrai, on ne peut rien
Par Apolline le 6 oct. 2011 - 14:22.
C'est vrai, on ne peut rien affirmer sur ses intentions, mais c'est la façon dont Maryanne relate les choses qui m'interroge et me fait penser à une démarche pas claire, en effet, pourquoi la rappeler après 4 jours alors qu'il ne se sont vus que lors d'un simple rdv pour lui balancer le pot aux roses ?
Mais effectivement, peut être que ce monsieur était très mal et qu'il ne se rendait pas compte du malaise que ça pouvait renvoyer à l'autre..
Mais Maryanne
Par Ellarose le 6 oct. 2011 - 14:49.
Soit j'ai mal lu, soit il n'y a aucune rupture dans cette histoire... puisqu'il n'y a eu que rencontre et non relation !
Face à une personne, à une présentation, au récit d'une vie, notre ressenti nous appartient, en fonction de notre personnalité et de notre histoire personnelle. Notre ressenti nous appartient et nous n'avons aucun contrôle dessus. Ce ressenti ne peut en aucun cas être jugé par autrui. Morale et culpabilité n'ont rien à y voir.
En allant à ce rendez-vous tu ne t'étais engagée à rien du tout. Je trouve ça fou que tu que culpabilises. Que tu te sentes mal à l'aise, ça je le comprends, mais pas que tu te sentes coupable !
Garde-toi pour une histoire où tu te sentiras bien.
PS : d'accord avec les autres ;-)
pour être claire
Par Maryanne le 6 oct. 2011 - 15:06.
c'est la réaction de peur ce sentiment de panique que j'ai eu face à la maladie. Certes à ce premier rendez-vous rien n'a été concrétisé on ne s'est rien promis, sauf de continuer à prendre des nouvelles de l'autre et de se revoir prochainement pour faire évoluer la rencontre.
Le pire c'est que je lui ai refusé tous contacts y compris mon amitié ...j'ai pris les jambes à mon cou.... j'ai pris la fuite , je me suis demandé comment j'aurais réagi si j'avais été à sa place...malade , seule abandonnée et rejetée.
Mais dans le cadre de la rencontre, je ne me sentais incapable que ce soit par amour ou par amitié de partager cette épreuve.
mais il n' a rien que de très normal, maryanne
Par AM05 le 6 oct. 2011 - 15:09.
tu nes rien pour lui et inversement ..
Son honnêteté l'a conduit à la maladresse...
Par Ellarose le 6 oct. 2011 - 15:24.
Il a voulu te mettre toutes les cartes en main le plus vite possible (et encore il a pris soin de différer le plus difficile) mais même... Trop pour toi d'un coup (ou même de deux) c'était trop.
Déjà les 90 minutes d'exposé de sa vie t'avaient assommée, alors la poche rectale en couche supplémentaire c'était le pompon !
... mais ce qui a été fait a été fait par lui et tu n'as pas à t'en sentir responsable ! Ce sentiment de peur, personne ne peut te le reprocher, pas même lui, pas même toi.
Et une autre que toi (et que moi) réagirait, réagirA peut-être autrement. C'est tout le bien qu'on peut lui souhaiter. Avec avant tout la guérison.
absolument, ellarose
Par AM05 le 6 oct. 2011 - 15:04.
il n( ya que rencontre ... qui n'a rien donné c'est tout
C'est très touchant, mais en
Par Van le 6 oct. 2011 - 15:23.
C'est très touchant, mais en même temps...
Je me dis que de toutes façons sans tout cela, pour démarrer une relation il faut être deux à le vouloir. Si tu n'en as pas envie, il n'y a pas plus à rajouter. On n'a pas à confondre amour, pitié ou je ne sais quoi!
Après, le fait de "fuir" la maladie, je le comprends très bien, il y a des choses qu'on n'a pas envie de vivre, cotoyer, etc. Bien sur la morale s'en mêle alors, mais en étant honnête, si on est pas assez forte pour le supporter, ce n'est pas non plus une bonne chose de porter ce genre de poids en plus!
Oui, c'est comme ça
Par b.bla le 6 oct. 2011 - 15:24.
tu ne lui dois rien, tu ne le connais pas. Et entretenir une relation avec quelqu'un par compassion, c'est assez moche au fond, non ?
Oui tu ne lui dois rien,
Par Mangue le 6 oct. 2011 - 15:41.
ce n'est pas comme si tu étais déjà en couple, donc aucun remord à avoir.
Il a été honnête malgré tout, et c'est tout à son honneur, j'aurai fait pareil que toi.
On supporte la maladie quand on aime (et je sais de quoi je parle) mais s'il n'y a pas d'amour, je ne vois pas ce que tu as à te reprocher et je dirai même, que tu as bien fait.
je partage bien de vos avis, et pourtant
Par timok le 6 oct. 2011 - 17:08.
je trouve que ce monsieur a été bien courageux d'exposer ainsi son veuvage et sa maladie, pour qu'il n'y ait pas de zones d'ombres.
La perte de son épouse a sans nul doute fait flamber son cancer, mais je note aussi qu'il a parlé de guérison, et de ce que nous nommons dans notre jargon médical ainsi: " le rétablissement de la continuité ", c'est à dire, qu'on raboute l'intestin et qu'on suprime la poche dès que c'est possible.
Il se savait donc avec cette possibilité de redenir un homme normal, le ventre simplement barré de quelques cicatrices..
Je ne te juge pas sur le fait que tu as pris tes jambes à ton cou, tu as dit que tu n'avais pas perçu d'étincelles...et quand bien même cela aurait été, la panique que tu ressens devant la maladie aurait rendu l'évolution de votre relation impossible.
Tu as eu le courage de lui téléphoner pour lui expliquer, tu peux être fière de ça, je t'assure, car ce n'était pas facile.
Tourne la page en toute légèreté, car c'est à lui de gérer la souffrance morale qu'il ressent, pas à toi.
merci Timok
Par cevenpro le 6 oct. 2011 - 18:15.
pour toutes ces précisions médicales, lol.
Tu n'a pas à te culpabiliser Maryanne, d'autant plus qu'il est quand même un peu trop tôt pour lui pour chercher une belle histoire d'amour après le décès de son épouse aussi récent.
c'est vrai qu'il recherche plus une épaule pour s'épancher et ce n'est pas ton rôle dans un début de relation;
cela ne me viendrait même pas à l'idée dans sa situation de rechercher une histoire d'amour, je trouve que c'est lui qui est égoïste, pas toi.
Cela m'est arrivé une fois, un homme m'a raconté le même problème de santé, c'était au tel, et de toute façon je m'étais aperçu au cours de la conversation que sa personnalité ne me convenait pas, ni sa façon de vivre; alors lorsqu'il m'a annoncé ce problème je lui ai répondu que cela n'interviendrait en rien dans ma décision de le rencontrer, ce qui était vrai.
Sois fière de toi
Par Zabou78 le 6 oct. 2011 - 20:23.
Je suis d'accord avec Timok : tu peux être fière d'avoir eu le courage de l'appeler pour lui dire.
Il n'était qu'une personne rencontrée par hasard, tu n'avais pas spécialement flashé sur lui, et son opération récente t'effrayait. Tu n'avais même pas à rompre puisque rien n'avait commencé, et tu avais toutes les raisons de ne rien vouloir commencer dans ces conditions.
Imagines la situation inverse. Combien d'hommes à ton avis aurait eu le courage de te dire qu'ils ne voulaient pas te revoir ?
Tu as été honnête avec un homme qui avait aussi été honnête envers toi. Et j'imagine bien comment cela a été pénible pour toi.
Pour Maryanne
Par abey le 6 oct. 2011 - 20:38.
Ce monsieur était obligé de vous parler rapidement de son problème de santé car en vous approchant de lui, vous auriez découvert cette poche.Le fait qu'il ait voulu faire une rencontre 3 mois après le décès de son épouse n'est pas péjoratif; Peut-être que le couple ne s'entendait plus depuis longtemps et qu'il y avait un manque affectif.
De toute façon, si on se met à la place de ce monsieur qui vient de perdre son épouse et vient de découvrir un cancer, où le risque vital est engagé, hé ben on se dit que la vie est courte, que si çà se trouve, demain on ne sera plus là et que c'est au présent qu'il faut agir.
Donc, il a tout à fait raison de ne pas attendre -et qui sait combien de temps il faut attendre- et d'essayer de rencontrer une personne agréable.
De votre côté Maryanne, ce n'est pas parce que vous l'avez rencontré que ça vous engage en quoi que ce soit.
Avec ou sans cancer, il pouvait aussi ne pas vous plaire.
Si vous n'avez pas voulu rester amie avec lui, c'est peut-être que vous sentiez que vous n'auriez pas la force de lui "remonter le moral" ou que vous aviez déjà assez à faire avec vos propres soucis.
Il n'y a que vous qui puissiez savoir le pourquoi de votre réaction.
En même temps, ce genre de situation est toujours difficile à gérer et nous apprend des choses sur nous mêmes.
Je parle par expérience.
Tu n'as aucun sentiment de culpabilité...
Par AM07 le 7 oct. 2011 - 19:56.
... à ressentir, comme toutes les confidentes te l'ont dit.
Je pense que supporter la maladie de l'autre lorsque l'on est en couple depuis longtemps ça fait partie de la vie, mais qu'en aucun cas une relation ne peut démarrer dans de telles conditions entre personnes ne se connaissant pas. Accepter la dégradation physique de l'autre nécessite de l'amour, il n'y a pas d'amour après une première rencontre donc pas de culpabilité à ne pas vouloir vivre cette situation.