Rent a friend ou comment louer des amis

Face à la solitude d'un nombre croissant de personnes qui avant même de trouver l'amour, cherchent avant tout des amis, des personnes avec lesquelles parler, partager des moments et des activités, un site d'un nouveau genre a ouvert aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre.

Rentafriend propose pour 20 dollars par mois l'accès à une large base de personnes à proximité géographique. Si l'on ne se fait pas des amis sur commande, les professionnels reconnaissent que la solitude est bien présente. Selon la Fondation de France, près de 4 millions de personnes en France ont moins de 3 contacts directs par an et un français sur 10 vit seul sans famille ni relation.

Vu dans le Monde

toujours en retard

Portrait de alizée

Les trois pays cités, et surtout le Canada sont bien connus pour mettre en place ce genre de concept. Tout est fait pour lutter contre l'isolement.
Mais que fait la France ?
Elle se gargarise (la fondation de France entre autres) de chiffres et constate, c'est tout !
C'est vraiment dommage car je pense que la solitude est un véritable fléau qu'il faudrait combattre. Seul on est souvent désarmé et c'est dur alors de trouver un sens à la vie. La tendresse que l'on reçoit de l'amitié permet de tenir. Mais ... les politiques s'en foutent !
Quand c'est "la crise" et qu'une personne est seule, qu'on le sait et qu'on ne fait rien, c'est comme si on la laissait mourir doucement.
Ces personnes là, ne se plaignent jamais, elles restent dans leur isolement. Elles ne font peur à personne !
Un voyou qui casse tout lui il fait peur, alors on lui crée des structures pour qu'il ne s'ennuie pas.
Sacrée injustice, ne trouvez-vous pas ?

Merci Alizée pour ton

Portrait de calypso44

Merci Alizée pour ton article.
Je fais partie des 1 français sur 10 qui vit sans relation ni famille.
La solitude c'est un fléau et j'en souffre depuis l'enfance.
Je suis issue d'une famille maltraitante et toxique. Mon enfance et mon adolescence c'était la privation de soins, les humiliations et la violence.
Les seuls liens sociaux que m'autorisaient mes parents c'était l'école. En dehors, interdiction de sortir de la maison et bien sur de recevoir des amies. Sinon, les représailles tombaient, à savoir les coups.
Ma scolarité a été un enfer puisque je n'ai même pas me créer des liens amicaux. En effet, mes parents me privaient de soins physiques à savoir une hygiène quotidienne. Interdiction de se laver, mes parents imposaient les jours de toilette et ça se réduisait à peau de chagrin. Une seule douche par semaine, et encore si un rhume était là ou si j'avais mes règles interdiction de se laver bien sur. Obligation d'attendre la semaine suivante. Pour les cheveux, c'était un shampooing par mois.Imaginez à l'adolescence avec les problèmes d'acné et de cheveux gras à quoi je pouvais ressembler. Les fringues, c'était des vêtements à porter une semaine d'affilée sans possibilité de se changer, sous vêtements et chaussettes compris! Mes tentatives de me laver en cachette étaient soldées par des coups et des insultes et mon père mettait le savon et shampooing sous clés.
Alors, bien sur quand on se ressemble à une clocharde, qu'on est sale et qu'on sent mauvais, comment avoir des amies au collège par exemple. Vous l'avez compris, j'étais le souffre douleur de mon établissement scolaire.
Certains professeurs s'y mettaient aussi. Je les dégoutais...
J'ai essayé de parler à des adultes, je n'ai jamais été entendu. Pourtant la maltraitance se voyait. Les assistantes sociales étaient également au courant, mais ne sont jamais intervenues. A 20 ans, j'ai eu l'occasion d'en recroiser une. Elle m'a avoué qu'elle avait conscience de ce que je subissais mais mon père étant trop odieux, elle avait estimé que cette famille n'avait qu'à se démerder!! Il y a 20 ans, la maltraitance des enfants n'étaient pas la priorité des assistantes sociales apparemment!!
J'ai donc passé ma jeunesse dans la maltraitance de mes parents, la maltraitance des camarades d'écoles car le vilain petit canard se prenait bien sur des coups juste pour le plaisir.
Donc aucun liens sociaux, pas de contacts non plus avec les autres membres de la famille. Mes parents vivant totalement coupé du monde extérieur, un père " chomeur professionnel" et une mère qui n'a jamais bossé et à toujours refusé de travailler. " Si je me suis mariée c'est pour ne pas avoir à bosser, c'est au mari de travailler". Ah ben là, elle s'est trompé de coco en épousant mon père!!
Donc, vous comprenez que je n'ai plus aucun liens avec ma famille.
Maman célibataire, sans aucun soutien familial ni amical, j'ai beaucoup galéré.
Ensuite, un ex compagnon qui finalement m'en a fait bien bavé pendant 15 ans. Solitude encore, car Mr était jaloux pathologique et me faisait des crises quand je bossais ou quand je faisais des activités en dehors du couple. Solitude aussi au sein de sa famille, car je n'ai jamais été acceptée. " Une pute avec un gosse"!! Pas assez bien pour ces gens là.
Et me voici donc à 40 ans, avec toujours cette solitude. Séparée de cet abruti depuis 2 ans, vivant dans des conditions précaires. Oui la solitude c'est un combat de tous les jours. Tout devient plus difficile quand on doit tout faire toute seule. Psychologiquement, le cerveau sature de tout devoir encaisser. Et je me rends compte qu'à 40 ans, je n'ai plus la même facilité à rebondir et à prendre les choses positivement qu'à 20 ans.
Et comme le dit Alizée, j'ai le sentiment de mourir à petit feu...
J'essaye cependant d'avoir une vie sociale, même si les liens restent superficiels. OVS, formation, activités...
Voilà, j'ai peut être fait un "hors sujet" mais je voulais expliquer que la solitude ça vient souvent d'une histoire très difficile avec la famille. Que ça n'a rien à voir avec une "asociabilité".
J'aime les gens, j'adore échanger et discuter. Je suis ouverte d'esprit et tolérante. Mais, j'ai remarqué aussi que les gens sont dans l'ensemble très individualistes et restent centrés sur eux même. Je pense que des affinités doivent se créer spontanément. Sinon, ça ne sert à rien d'insister.
J'ai suffisamment donné entre ma famille et les mecs qui ont partagé ma vie. J'en paye encore les conséquences. Et la pire c'est la solitude.
Bises à toutes.

Quel enfer!!!

Portrait de cami

Solitude et maltraitance psychologique , je connais....mais pour toi, ça atteint des sommets effroyables...Si t'as envie de parler, tu peux me contacter, de parler ou de rigoler...entre mère célibataire ;-)
un dernier truc, je suis un peu plus âgée que toi et je t'assure qu'on peut rebondir, même après quarante ans... l'avantage, c'est qu'on a une conscience plus aigüe de "l'essentiel", ça aide...

tu as tout mon soutien

Pour Calypso

Portrait de colombine70

Je comprends un peu ce que tu vis car j'ai eu une enfance un peu "chaotique" moi aussi (mais quand même beaucoup moins dure que la tienne) : parents séparés, mère sans travail élevant quatre enfants, jamais d'argent à la maison, pas de suivi dans la scolarité, etc... C'est vrai qu'on en garde des "séquelles". Moi, je suis assez sauvage. En fait, je n'ai pas ce besoin d'être entourée en permanence de gens. J'essaie de faire des efforts vers les autres mais si ça ne suit pas, j'abandonne très vite. Tant pis. Alors je suis assez seule. Mon entourage se résume à quelques copines mais pas vraiment d'amie très proche. Tu as raison, les gens sont très individualistes et quand ils ont leur petite bande de potes, ils ouvrent rarement leurs bras et leur porte à une personne de plus. Combien de fois me suis-je dit "si je ne l'appelle pas, elle n'appelle jamais" ? A un moment, tu laisses tomber et tu reste seule.
Calypso, j'espère sincèrement qu'un jour tu trouveras le bonheur que tu mérites et qui te guérira de toute ces blessures d'enfance.
(Ah oui, je précise quand même que je travaille avec des assistantes sociales depuis plusieurs années et je t'assure qu'elles font vraiment leur possible pour aider les enfants, parents odieux ou pas, encore faut-il que ça suive après car elles n'ont pas beaucoup de pouvoir ni de moyens et que la protection de l'enfance n'est malheureusement pas la priorité du gouvernement.)

à Calypso44

Portrait de alizée

Ton récit conforte exactement ce que je pense. Tu sais les vrais amis (es) il y en a très peu. Mais cela ne sert à rien non plus d'en avoir des milliers.
Il faut vivre et rebondir sans cesse, c'est çà la vie de maintenant !
Mais, tu sais, tu es riche de ce que tu as vécu. Je m'explique : celui qui est dans sa tour d'ivoire et n'en a jamais bavé ne peut pas s'émerveiller de toutes petites choses. Cela devient quelqu'un d'abject.
Toi, tu es passée par de rudes épreuves et tu t'es battue. Bravo !
Continues ! Le pain noir, tu en as mangé et un jour, il faut y croire et ne pas être impatiente, tu pourras voir l'horizon.
Regardes aussi la nature et ce qui la compose, elle ne nous décoit jamais.
Et puis tu as une vraie amie, c'est d'abord toi !
Et aussi on est là, ok ?